PLAN STRATÉGIQUE POUR LE PCCEG![]() Mandat Les tendances environnementales mondiales Le PCCEG en contexte Vers la prochaine décennie Les objectifs Les clients et bénéficiaires Les réorientations stratégiques Les mécanismes de mise en oeuvre La planification Le suivi et l'évaluation Les mécanismes d'évaluation Les considérations opérationnelles futures Les tendances environnementales mondialesLes activités humaines exercent des contraintes de plus en plus grandes sur la planète. Or, il est particulièrement difficile d'établir une distinction entre les mécanismes naturels qui sont à l'origine de certaines transformations de portée planétaire et les changements qui résultent des activités humaines.Ces dernières continuent d'intensifier l'évolution du climat, l'affaiblissement de la couche d'ozone stratosphérique, le déboisement, la pollution de l'air et des eaux, l'érosion des sols, l'extinction des espèces et la disparition des habitats. La consommation des pays industrialisés, stimulée par des techniques de mise en marché de plus en plus raffinées, est l'une des grandes causes des transformations qui affectent l'ensemble de la planète. L'industrialisation croissante de pays comme la Chine, l'Inde et d'autres pays d'Asie fera peser d'autres contraintes sur l'environnement mondial au cours de la décennie à venir. La désagrégation de l'ancienne Union soviétique, l'augmentation des tensions que suscite le partage des ressources dans les États qui la composaient et en bien d'autres endroits ainsi que la destruction de terres productives dans beaucoup de régions fortement peuplées ont également placé les questions environnementales et de sécurité au premier plan des préoccupations. La pression démographique constitue un autre élément qui fait peser de graves contraintes sur l'environnement. Même les prévisions les plus optimistes annoncent que la planète sera peuplée de quelque 8 milliards de gens en l'an 2050. Les prévisions pessimistes font état d'environ 12 milliards d'habitants. Il faut donc déterminer si la planète est en mesure de supporter une telle charge démographique. Toutefois, malgré la profonde gravité des problèmes que posent les transformations de portée planétaire et les répercussions désastreuses qu'elles pourraient avoir sur les systèmes naturels et humains, ces questions n'ont pas reçu toute l'attention qu'elles méritent. Parce que nombre de ces transformations ont lieu à long terme, qu'elles sont potentiellement inquiétantes et qu'elles font l'objet d'une certaine incertitude scientifique, les gouvernements, dont l'attention est accaparée par des problèmes à court terme et qui sont à la recherche de résultats rapides et de bonnes nouvelles, ont de la difficulté à y faire face. L'acceptation généralisée de la notion de développement durable et, plus récemment, du principe de précaution, a inspiré des progrès notables (par exemple Protocole de Montréal, Convention cadre sur le changement climatique). Toutefois, l'attention de plus en plus grande qui est accordée aux problèmes des transformations à l'échelle du globe a, dans un certain nombre de cas, débouché sur une utilisation douteuse des faits scientifiques tout en plongeant la population et les décideurs dans la confusion. Des organismes comme le PCCEG, qui constituent des sources indépendantes et crédibles d'informations, deviendront sans doute de plus en plus nécessaires. Le PCCEG se trouve idéalement placé pour faire avancer les choses et servir d'intermédiaire impartial dans le cadre des efforts de coordination qui sont déployés afin d'interpréter et de traduire en mesures politiques les résultats des recherches effectuées sur les transformations de portée planétaire. Étant donné la mondialisation croissante des économies et des systèmes de communication, les problèmes environnementaux planétaires et leurs répercussions sont mis en évidence dans toutes les parties du monde. Cette visibilité et notre connaissance des transformations qui affectent la planète se renforceront au cours des années à venir et, puisque les économies ou les cultures seront touchées, les gouvernements devront évaluer les risques qui existent et être prêts à prendre des dispositions pour y faire face. À mesure qu'un nombre croissant d'organisations s'aperçoivent qu'il est important de comprendre les changements de portée planétaire, elles réorienteront leurs programmes en se concentrant sur les transformations qui surviennent à l'échelle mondiale. Ces dernières constituent une vaste question. Aucune organisation ou aucune agence ne peut espérer pouvoir aborder tous les problèmes qu'il faut étudier et analyser. L'attention accrue qui est accordée aux questions que soulèvent les transformations de portée planétaire, en plus de rendre la coordination des activités encore plus impérative, aura également pour effet de renforcer la concurrence pour des ressources qui sont limitées. Il est donc indispensable de déployer des efforts de collaboration sincères. Cela signifie aussi, si l'on veut que les partenariats aboutissent à des résultats positifs, que chaque organisme doit définir et établir ce qu'il fait le mieux. Au cours des cinq prochaines années, le PCCEG s'efforcera donc de nouer des partenariats et de développer ses programmes autour d'un nombre limité de thèmes qui ont une incidence particulièrement forte sur les politiques canadiennes, à l'échelle nationale aussi bien qu'internationale. Ces programmes s'appuieront sur les informations, les évaluations et les conseils les plus complets possibles de façon à amener ceux qui établissent les politiques canadiennes à aborder les problèmes centraux que posent les transformations de portée planétaire. Ce document trace les grandes lignes des orientations que le PCCEG suivra à moyen terme en présentant un cadre d'objectifs et de priorités qui influenceront les projets de travail et les réalisations dans l'avenir.
Le PCCEG en contexteCréé en 1985 sous les auspices de la Société royale du Canada (SRC), le Programme canadien des changements à l'échelle du globe (PCCEG) s'est transformé en un réseau pluridisciplinaire qui réunit diverses agences à l'intérieur d'un réseau couvrant l'ensemble du pays. Le PCCEG regroupe des scientifiques et des spécialistes de nombreuses disciplines des sciences exactes et humaines dans le but de planifier la recherche pluridisciplinaire, d'évaluer l'importance de celle-ci dans le contexte des politiques en place et de faire connaître ses répercussions à ses groupes cibles. Le PCCEG se caractérise par son statut d'organisme non gouvernemental indépendant, par le fait qu'il s'intéresse à la combinaison des dimensions naturelles et humaines des changements de portée planétaire, par son rattachement à des réseaux mondiaux d'organismes qui collaborent entre eux, par l'accent qu'il place sur les questions qui, dans le monde entier, ont une portée universelle et par le fait qu'il a accès à des compétences canadiennes pouvant être consacrées à la résolution de ces questions. En faisant entrer les dimensions humaines des transformations de portée planétaire dans le cadre du programme, le PCCEG a fait preuve d'innovation mais ces dimensions ont été difficiles à intégrer avec les sciences naturelles et physiques.Le PCCEG part du principe qu'en nouant des liens plus étroits entre les recherches et les politiques relatives aux changements de portée planétaire, il renforce la possibilité que les décisions prises fassent en sorte que les ressources soient à l'avenir exploitées de façon durable. Notre vision et nos valeurs se fondent sur les principes suivants :
Durant sa première décennie d'existence, le PCCEG s'est principalement efforcé de stimuler des échanges plus complets entre les spécialistes des sciences humaines et naturelles, de faciliter une meilleure coordination des efforts déployés au Canada en matière de recherche sur les transformations de portée planétaire, de définir les grandes lignes des thèmes de recherche nécessaires et d'établir une base nationale d'informations sur les programmes et activités concernant les changements planétaires. Ses activités dominantes se sont articulées autour de la planification des recherches pluridisciplinaires dans le but de résoudre les problèmes que pose la recherche sur les transformations de portée planétaire tout en mettant au point des programmes de recherche complétant des projets internationaux comme le Programme international géosphère-biosphère (PIGB), le Programme des dimensions humaines (PDH) et le Programme mondial de recherche sur le climat (PMRC). Le PCCEG a notamment contribué à faire en sorte que l'Étude sur l'atmosphère boréale (BOREAS) bénéficie d'un apport pluridisciplinaire et de la contribution des milieux universitaires. Les ressources humaines et financières que le PCCEG a engagées dans des études et des conférences sur l'environnement et la sécurité ont mis le Canada en position d'offrir une précieuse contribution au PDH. Le PCCEG a également facilité l'élaboration d'un plan scientifique de participation du Canada aux programmes de base du PIGB, le Programme sur l'interaction terre-océan dans les zones côtières (LOICZ) et la Joint Global Ocean Flux Study (JGOFS). Plus récemment, le PCCEG a cherché à nouer des liens plus étroits entre les chercheurs et les personnes qui formulent les politiques en se concentrant sur des études qui évaluent la recherche actuelle et présentent, en matière de politiques, des options qui sont rationnelles dans le contexte de la durabilité future de l'exploitation des ressources. La validité de cette démarche a été établie avec succès par l'intermédiaire du Comité sur les options canadiennes en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (COGGER) et une place plus importante lui sera donc faite durant la deuxième décennie d'existence du PCCEG.
Vers la prochaine décennieAprès avoir procédé à l'analyse des tendances qui marquent les transformations de portée planétaire, le créneau occupé par le PCCEG, le climat qui devrait régner du point de vue du financement, les besoins de nos clients et bénéficiaires ainsi que la nécessité d'amener les sociétés à exploiter leurs ressources de façon durable en assurant un équilibre entre la croissance économique, d'une part, ainsi que l'équité et la préservation d'un environnement sain d'autre part, nous avons redéfini notre mandat de la façon suivante :
Pour réaliser ce mandat, nous aurons besoin des meilleures données scientifiques disponibles, d'aborder de façon explicite les incertitudes pertinentes, de comprendre les risques, de présenter les options en termes dénués d'ambiguïté, de faire en sorte que les conseils soient fournis en temps opportun et de situer nos communications sur un plan stratégique. Notre objectif à long terme est d'être la source fondamentale d'analyse indépendante des questions que soulèvent les transformations de portée planétaire.
Les objectifsLe PCCEG remplira son mandat en collaboration avec d'autres établissements canadiens et internationaux dont le point de vue est similaire, et ce, en poursuivant les buts suivants :
Le principe de précaution : Le principe de précaution est devenu un élément clé des échanges d'idées au sujet des transformations de portée planétaire lorsqu'il a été évoqué pour la première fois dans la Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement qui stipule que : «Les pays devront prendre des précautions pour protéger l'environnement. Dans les cas où des dommages graves ou irréversibles risquent d'être commis, le fait que la science ne puisse offrir de certitudes ne devra pas être utilisé comme prétexte pour renvoyer à une date ultérieure la réalisation de mesures de prévention de la dégradation de l'environnement qui sont efficaces par rapport à leur coût.» Une attitude proactive : Le PCCEG estime que la nature même des problèmes que posent les transformations de portée planétaire impose une attitude proactive. Dans bien des cas, nous ne pouvons attendre d'avoir des preuves absolues avant de prendre des mesures décisives. Le PCCEG utilisera donc ses réseaux et ses compétences pour identifier les problèmes qui émergent suffisamment tôt pour qu'il soit possible d'apporter des éléments de formulation des politiques ou de lancer des initiatives pertinentes du point de vue de celles-ci. La promotion du développement durable : La notion de développement durable est au centre de toute solution à long terme aux problèmes que posent les transformations de portée planétaire. Vulgarisée par la Commission mondiale de l'environnement et du développement, cette notion est devenue un élément incontournable du discours environnemental. Toutefois, toute initiative ayant pour but d'assurer la durabilité des ressources doit s'appuyer sur de solides fondements scientifiques. La capacité d'offrir de tels fondements est l'un des avantages relatifs du PCCEG.
Les clients et bénéficiairesLe PCCEG accorde la priorité à un groupe donné lorsque ce groupe est en mesure de l'aider à réaliser ses objectifs stratégiques. Le PCCEG comprend des groupes qui :
Les clients et bénéficiaires actuels et potentiels du PCCEG sont classés en sept grands groupes :
1. Les milieux de la recherche Les réorientations stratégiquesEntre autres grandes réorientations stratégiques, le programme fera plus de place à l'évaluation de la recherche et aux options de politiques et placera moins l'accent sur la planification de la recherche. Les niveaux antérieurs d'efforts de gestion de l'information seront maintenus. Dans le cadre des programmes, on insistera surtout sur les aspects suivants :
Évaluation de la recherche et options de politiques :
À l'évidence, le PCCEG ne peut travailler simultanément sur tous ces fronts. Certains domaines ou certaines questions seront considérés comme plus urgents que d'autres par les clients et les bénéficiaires. De plus, il est nécessaire de préserver un équilibre entre les intérêts nationaux et internationaux. La nature des travaux à entreprendre exige par ailleurs de plus en plus d'efforts de collaboration. Le PCCEG devra donc tenir compte de quatre dimensions stratégiques dans la mise en oeuvre de ses priorités de programme : le choix des programmes; les intérêts mutuels; l'accent à placer sur les initiatives nationales et internationales et les relations entre les établissements. Le choix des programmes : Parce que les ressources sont limitées et qu'il faut optimiser les retombées que peut avoir une activité, des critères ont été mis au point en ce qui concerne la détermination des priorités. Ces critères se fondent sur : les retombées possibles; le rapport avec les grandes conventions ou protocoles; l'intérêt pour les décideurs; les lacunes à combler dans les connaissances; le potentiel de partenariats ou de cofinancement; le rapport, dans le contexte canadien, avec les priorités fixées à la suite de la CNUED. L'intérêt mutuel : Au Canada comme ailleurs, il existe un potentiel considérable d'accroissement des activités qui mettent en relation le PCCEG et des partenaires ayant des intérêts communs. Les ministères fédéraux du Canada réduisent leurs capacités internes et d'autres organisations canadiennes du secteur privé et du secteur des organismes à but non lucratif ont besoin d'avoir accès aux compétences et aux connaissances du PCCEG. Des agences d'aide au développement comme l'ACDI pourraient mettre à profit les connaissances du PCCEG et le fait qu'il entretient des relations avec des experts canadiens pour aider des pays en développement à se donner les moyens de faire face aux transformations de portée planétaire. Le PCCEG explorera activement ces possibilités et d'autres de même nature. L'accent placé sur les activités nationales et internationales : Il faudra réaliser un équilibre entre les priorités qui sont imposées par les grands programmes internationaux portant sur les transformations de portée planétaire et les priorités qui découlent du fait que les décideurs canadiens ont besoin qu'on leur soumette des options de politiques en ce qui concerne des priorités nationales spécifiques. Les relations entre les établissements : À mesure que le PCCEG donnera de l'expansion à ses efforts de collaboration avec d'autres établissements canadiens et des organismes d'autres pays, il sera de plus en plus nécessaire d'intégrer l'information et d'accroître l'efficacité des communications. La création d'alliances stratégiques, de réseaux et d'autres formes d'accord entre les établissements ou les organisations contribuera à donner le caractère mutuellement avantageux que l'on attend de tels efforts et permettra au PCCEG de se concentrer sur ce qu'il fait le mieux. Le rôle joué par le PCCEG dans le cadre de tels accords se fondera sur les avantages relatifs dont il dispose par rapport à ses partenaires.
Les mécanismes de mise en oeuvreLe PCCEG mettra sa stratégie en oeuvre par l'intermédiaire d'un plan à moyen terme qui sera lié à une série de plans d'exploitation annuels. Cette mise en oeuvre exigera une certaine définition des programmes de base et des programmes complémentaires, une refonte des attributions et des comités du secrétariat, une collaboration accrue avec les partenaires et un renforcement du système de suivi et d'évaluation.
La planificationOn se propose d'adopter un système plus rigoureux de planification et de gestion des ressources qui s'appuiera sur la formulation d'un plan d'action conçu pour couvrir les cinq prochaines années. Un tel plan permettra au PCCEG de poser des hypothèses raisonnables au sujet de la réalisation de ses buts et objectifs ainsi que de ses produits d'exploitation. Le premier de ces plans couvrira la période qui va de 1995 à 1999. Chaque année, un plan annuel distinct fournira à ce dernier le mécanisme d'affinement dont il doit disposer pour pouvoir s'assurer que le programme est bien adapté aux produits et services qu'il offre et répond aux besoins des différents utilisateurs tout en permettant au PCCEG de conserver suffisamment de souplesse pour satisfaire d'autres besoins prioritaires qui pourraient émerger.
Le suivi et l'évaluationLe succès à long terme du PCCEG passe par une justification continuelle de ses activités. Les résultats obtenus par le programme revêtent beaucoup d'importance pour ses partenaires, ses clients et tous ceux qui sont par ailleurs concernés par son action. Tous les projets doivent être réalisés à un moment opportun, être pertinents, cohérents et avoir des répercussions positives.Le PCCEG a donc l'intention d'incorporer à sa stratégie des notions de mesure du rendement. Cependant, la nature même de la recherche sur les transformations de portée planétaire fait qu'il n'est pas facile d'utiliser les moyens classiques de mesure du rendement. En définitive, on attend du PCCEG que ses activités contribuent à l'amélioration des conditions de vie, à l'instauration d'une plus grande équité et à l'introduction de formes d'exploitation durable des ressources. Toutefois, certains des problèmes que posent les transformations de portée planétaire étant par nature intangibles et à long terme, et puisque les solutions sont complexes et mettent en jeu des relations internationales, tous les indicateurs du rendement qui pourraient être choisis sont difficiles à quantifier et à interpréter d'une manière qui permet de vérifier qu'un programme fonctionne efficacement. Le PCCEG estime par conséquent que les critères de mesure de son succès devraient être basés sur la réalisation d'éléments spécifiques de ses objectifs et de ses plans de travail.
Les mécanismes d'évaluationL'évaluation s'effectuera principalement par les moyens suivants :
Les considérations opérationnelles futuresPour pouvoir mettre en oeuvre la stratégie du PCCEG, il sera peut-être nécessaire d'apporter des ajustements à sa gestion opérationnelle. En faisant preuve de souplesse, le programme pourra s'adapter à l'évolution de son cadre d'exploitation. Il est important d'essayer d'adopter le genre de système de mise à exécution des programmes qui convient le mieux aux besoins du PCCEG, à ce qu'il doit faire pour offrir un soutien à ses programmes, à la composition de son Conseil et à ses besoins financiers. Sur la base de ces considérations, le PCCEG admet qu'il est nécessaire de mieux intégrer les programmes et de travailler en étroite interaction avec ses partenaires, de communiquer efficacement avec ceux qui dirigent les recherches et établissent les politiques et de s'assurer que le personnel du PCCEG demeure motivé. Pour répondre à ses besoins opérationnels futurs et compléter sa stratégie, le PCCEG a l'intention d'examiner de plus près sa structure organisationnelle et de financement et la mesure dans laquelle il serait possible de facturer ses services.
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