Recommandations relatives aux stratégies de réduction des gaz à effet de serre
MÉMOIRE AUX MINISTRES DE L'ENVIRONNEMENT ET DE L'ÉNERGIE
Préparé par le
Conseil du Programme canadien des changements à l'échelle du globe de
la Société royale du Canada
et le
Conseil du Programme climatologique canadien
e Canada a été parmi les premiers de plus de 135 pays à ratifier
la Convention-cadre sur les changements climatiques. Cette
convention a pour objectif de stabiliser les concentrations de gaz
à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui éviterait
toute interférence anthropique avec les systèmes climatiques.
La stabilisation des concentrations atmosphériques en gaz à effet
de serre, et ce, même à des niveaux bien supérieurs à ceux qui
prévalent actuellement, exigera de ramener les
émissions mondiales à des niveaux substantiellement inférieurs à ceux qui
prévalent aujourd'hui.
Les recherches qui ont été effectuées donnent maintenant
fortement à penser que les émissions de gaz à effet de serre produites par
les activités humaines altèreront le système climatique.
Certaines constatations montrent également que le réchauffement récent
de l'atmosphère terrestre est causé par ces activités. Le
Deuxième rapport d'évaluation du Groupe intergouvernemental d'experts
sur l'évolution du climat (GIEC), qui est actuellement en
préparation, confirme ces constatations et le document intitulé
Répercussions pour le Canada des rapports d'évaluation du GIEC - Tour d'horizon décrit spécifiquement ce qu'elles signifient pour
le Canada.1
En guise de mesure provisoire, certains pays industrialisés, dont
le Canada, se sont engagés à chercher à limiter pour l'an 2000
leurs émissions au niveau de 1990. La première Conférence des
Parties à la Convention, qui a été tenue à Berlin, s'est fixé pour but
de négocier un protocole prévoyant de limiter encore davantage
les émissions de gaz à effet de serre après l'an 2000. Le Canada
n'a cependant pas encore adopté de plan de réalisation de son
objectif intérimaire pour l'an 2000.
Le Conseil du Programme climatologique canadien ainsi que
le Programme canadien des changements à l'échelle du
globe affirment aux ministres de l'Énergie et de l'Environnement
qu'il est à la fois souhaitable et possible pour les
gouvernements du Canada de prendre des mesures supplémentaires pour
freiner l'évolution du climat. Nous exhortons les gouvernements à
prendre des mesures efficaces, et notamment à :
- Prendre des dispositions pour stabiliser d'ici l'an 2000
les émissions de gaz à effet de serre au niveau de
1990. Le rapport que le Groupe de travail sur les prévisions (GTP)
a préparé à l'intention des ministres expose
différentes possibilités d'atteindre cet objectif. D'autres études
concluent également que cela est réalisable. La limitation des
émissions de gaz à effet de serre produira des
avantages environnementaux et économiques indirects. Même si
l'on fait abstraction de ces avantages indirects,
l'impact économique des solutions que propose le
GTP est négligeable. Par contre, le fait d'attendre davantage pour prendre
des mesures de limitation des émissions de gaz à effet de
serre rendra encore plus difficile et coûteux la réalisation
de l'objectif provisoire de stabilisation.
- Élaborer une stratégie permettant d'effectuer
des réductions supplémentaires après l'an
2000. Ces réductions supplémentaires exigeront des initiatives allant au-delà
des mesures d'efficacité énergétique qui domineront les
stratégies de réduction recommandées pour les cinq prochaines
années. Ce niveau ultérieur d'action inclura probablement
la restructuration du système de transports, des substitutions
de combustible, le développement des énergies
renouvelables, surtout dans le domaine de la production d'électricité,
et l'utilisation d'instruments économiques pour encourager
la réduction des émissions. Nombre de ces initiatives ne
peuvent être mises en oeuvre de façon économique qu'à mesure
que les équipements du pays sont remplacés et il faudra donc
commencer à agir tôt si l'on veut que les mesures prises aient
un effet quantifiable sur les émissions dans dix ans ou plus.
1Conseil du Programme climatologique canadien et Programme canadien des changements à l 'échelle du globe,
Répercussions pour le Canada des
rapports d'évaluation du GIEC - Tour
d'horizon, Conseil du Programme climatologique canadien, Ottawa, octobre 1995.
Le Conseil du Programme climatologique canadien et le Programme canadien
des changements à l'échelle du globe
Le Programme canadien des changements à l'échelle du globe
a été créé en 1985 sous les auspices de la Société royale du
Canada afin d'amener chercheurs et autres spécialistes de nombreuses
disciplines des sciences exactes et humaines à planifier des
recherches interdisciplinaires, à évaluer l'intérêt de telles recherches dans
le contexte de la formulation des politiques et à faire connaître
leurs répercussions aux publics visés. Le Programme canadien
des changements à l'échelle du globe se caractérise par son
statut d'organisation non gouvernementale indépendante, la manière
dont il combine les dimensions naturelles et humaines des
transformations planétaires, son ouverture sur des réseaux mondiaux de
collaboration entre différents organismes, l'accent qu'il place sur
les questions planétaires qui revêtent une importance pour le
Canada et le fait qu'il peut faire étudier ces questions par des
spécialistes canadiens aussi bien qu'étrangers.
Le Conseil du Programme climatologique canadien a été mis
sur pied en 1979 afin d'offrir aux gouvernements et aux
particuliers les meilleurs conseils possibles dans le domaine de la
climatologie et de la manière dont les questions climatiques affectent
les préoccupations économiques et sociales aussi bien que
les ressources et les écosystèmes naturels. Le Conseil du
Programme climatologique canadien a fixé, pour ce programme impliquant
de nombreux partenaires au Canada, les objectifs suivants pour
le programme que doivent réaliser au Canada les différents
organismes concernés :
- mettre au point une capacité de prévoir l'évolution du climat,
- évaluer l'incidence des activités humaines sur le climat
du Canada,
- évaluer les répercussions socio-économiques de
l'évolution probable du climat,
- améliorer la manière dont les informations climatiques
peuvent être utilisées dans le cadre de l'économie canadienne,
- faciliter le maintien d'une liaison adéquate avec le
Programme climatologique mondial et
- faciliter la coordination de la mesure systématique
des caractéristiques du système climatique.
Le comité COGGER a constaté qu'il est
possible de stabiliser d'ici l'an 2000 les
émissions de gaz à effet de serre aux niveaux de 1990
si des politiques appropriées sont adoptées
En 1992, le Programme canadien des changements à l'échelle
du globe et le Conseil du programme climatologique canadien
ont réuni un comité d'experts auquel il a été demandé d'examiner
les études faites au sujet des Options canadiennes pour la
réduction des émissions de gaz à effet de serre (COGGER). Le
comité COGGER a conclu que :
«il semble être faisable et rentable de
réaliser l'objectif canadien provisoir d'une stabilisation
des émissions des GES aux niveaux de 1990 d'ici
l'an 2000, et d'en venir à une réduction
absolue d'environ 20 % d'ici 2010».2
Le comité a cependant relevé par ailleurs que le
potentiel d'amélioration de l'efficacité énergétique et de substitution de
combustibles dont il faut disposer pour atteindre ce résultat ne
se présentera pas de lui-même et que «le gouvernement devra
adopter des politiques à ce sujet».2
Les politiques nécessaires à la réalisation de ces réductions
dans les émissions n'ont pas encore été mises en oeuvre. Tout
retard supplémentaire dans la mise en oeuvre des politiques qui
s'imposent fera perdre davantage d'occasions et rendra plus difficile et
coûteux le respect de l'engagement que le Canada a pris dans le cadre de
la Convention-cadre sur les changements climatiques.
Par exemple, certaines des réductions d'émissions qui
sous-tendent la conclusion du comité COGGER nécessitent l'adoption de
technologies plus efficaces au moment où de l'équipement est
installé ou remplacé. Des occasions ont été perdues durant deux ans
parce que l'on n'a pris que des mesures limitées depuis
1993.3
2 La Société royale du Canada,
Options canadiennes pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre
(COGGER), Rapport final du comité
COGGER, Programme canadien des changements à l'échelle du globe, Ottawa, septembre 1993.
3Ce retard prend encore plus d'importance lorsque l'on considère que l'expérience accumulée dans le passé dans le cadre de la limitation des émissions
d'autres polluants, et notamment l'anhydride sulfureux, a montré que les coûts réels sont fréquemment bien inférieurs aux prévisions initiales tant qu'on laisse
à l'industrie des délais raisonnables pour élaborer et mettre en application de nouvelles technologies.
Le rapport du Groupe de travail sur les prévisions indique, même s'il passe
sous silence certaines mesures importantes, qu'il est possible de stabiliser les émissions
sans pénaliser l'économie
Le rapport du Groupe de travail sur les
prévisions4 indique que «il est probable que le Canada parviendrait à stabiliser ses
émissions si toutes les mesures étaient incluses dans l'analyse» en mettant
en oeuvre les recommandations qui sont issues des scénarios
de modélisation 4 ou 5.5
Le rapport du Groupe de travail sur les prévisions passe sous
silence certaines mesures qui pourraient permettre de réduire,
à relativement peu de frais, les émissions de gaz à effet de serre
et qui pourraient être mises en oeuvre d'ici l'an 2000. Il
serait notamment possible de modifier les centrales thermiques
au charbon afin qu'elles puissent également produire de
l'électricité en brûlant du gaz naturel, d'adopter des mesures plus
agressives dans le secteur des transports et de rendre obligatoire la mise
en application des mesures d'efficacité énergétique dans les
édifices gouvernementaux.6
Une étude des répercussions économiques des scénarios
de réduction des émissions de gaz à effet de serre constate que «il
est peu probable que ces initiatives affectent
substantiellement l'importance globale de l'économie canadienne et son taux
de croissance»7. Cette conclusion s'applique à tous les scénarios
parce que les coûts de mise en oeuvre sont dans tous les cas
compensés par les économies que la réduction de consommation
d'énergie permet de réaliser.
Le rapport du Groupe de travail sur les prévisions confirme la
conclusion du comité COGGER; il est possible de réaliser
l'objectif intérimaire pour l'an 2000 sans occasionner de
bouleversement économique général. Des effets négatifs se feront cependant
sentir dans certaines régions et ils ne seront pas nécessairement
compensés par des effets positifs dans tous les secteurs économiques.
Les mesures qu'il est spécifiquement nécessaire de prendre pour
réaliser l'objectif dans le cadre des scénarios de modélisation 4 ou 5
sont clairement identifiées dans le rapport. La mise en oeuvre
des mesures recommandées pour l'un ou l'autre de ces scénarios
ne devrait pas empêcher de prendre des dispositions
supplémentaires pour réaliser l'objectif intérimaire et effectuer des
réductions supplémentaires au-delà de l'an 2000. Il faudrait également
explorer des façons de compenser les répercussions
économiques négatives qui se feront sentir aux paliers sectoriel et régional.
4 Le Comité national de coordination des questions atmosphériques a chargé le Groupe de travail sur le changement climatique (GTCC), un groupe composé
de différents intervenants, d'élaborer un Programme national d'action qui permettrait au Canada d'atteindre les objectifs qu'il s'est fixés en ce qui
concerne l'évolution du climat. Le GTCC a chargé le Groupe de travail sur les mesures de préparer une liste de mesures qui pourraient être incorporées dans le
Programme national d'action du Canada. La responsabilité de l'évaluation de l'efficacité avec laquelle les différentes mesures permettent de réduire les émissions de gaz
à effet de serre ainsi que de leurs répercussions économiques a été confiée au Groupe de travail sur les prévisions. Ce dernier est composé de représentants
des ministères fédéral et provinciaux de l'Énergie et de l'Environnement, des associations de l'industrie, de groupes environnementaux et d'une compagnie pétrolière.
5 Groupe de travail sur les prévisions du Mécanisme national de coordination des questions atmosphériques, «Évaluation micro-économique et
environnementale du changement climatique», avril 1995. Le GTCC a regroupé quelque 80 mesures en cinq scénarios de modélisation classés en fonction du niveau
d'intervention sur le marché qu'ils supposent. On indique que le scénario 4 est celui qui nécessite l'intervention la plus prononcée sur le marché et que le scénario 5
constitue un ensemble autonome de mesures plus «agressives». Ce rapport fournit une description détaillée de ces mesures.
6 La seule initiative citée en ce qui concerne les édifices gouvernementaux est la mesure 2.8, l'initiative concernant les édifices fédéraux, une mesure
volontaire d'amélioration de l'efficacité énergétique dans ces édifices.
7 Informetrica Limited, «Impact of GHG Initiatives on the National and Provincial Economies», Ottawa, avril 1995, vol. 1
Des études effectuées en Europe montrent
que la limitation des émissions de gaz à effet
de serre entraîne des avantages économiques
et environnementaux indirects substantiels
Des études faites en Norvège, au Royaume-Uni et dans
certains autres pays ont constaté que les avantages économiques
et environnementaux indirects des mesures prises pour limiter
les émissions de gaz à effet de serre correspondent à au moins
30 p. cent du coût direct de ces
mesures.8 Le Programme canadien des changements à l'échelle du globe a entrepris une étude
des avantages environnementaux indirects des dispositions
qui pourraient être prises au Canada pour limiter les émissions de
gaz à effet de serre. Cette étude devrait être achevée au début de 1996.
Le rapport du Groupe de travail sur les prévisions
mentionne certains des avantages environnementaux indirects mais ne
les incorpore pas dans ses analyses. Les mesures qui sont
étudiées dans le cadre des scénarios de modélisation 4 et 5
permettent respectivement de réduire les émissions de gaz à effet de
serre (calculées en équivalent de
CO2) de 6 p. cent et 7,9 p. cent par
rapport aux niveaux prévus pour l'an 2000. Ces mesures
réduiraient également les émissions de
SO2 de 1,8 p. cent à 2,8 p. cent,
les émissions de NOx de 2,8 p. cent à 3,3 p. cent
et les émissions de COV de 4,3 à 4,5 p. cent pour l'an 2000. Si des réductions
plus importantes des émissions d'équivalent
CO2 étaient réalisées
grâce à ces scénarios, les avantages indirects seraient
proportionnellement accrus. On remarquera que, puisque ces avantages
indirects semblent être relativement élevés dans le secteur des
transports, une stratégie de réduction des émission d'équivalent
CO2 dans ce secteur pourrait en fait accroître notablement les avantages indirects.
Les Canadiens profiteront de la réduction de ces émissions et
de celles d'autres polluants par l'intermédiaire d'une amélioration
de leur santé et d'une réduction des dommages causés aux
cultures, aux forêts, aux édifices, aux plans d'eau et aux matériaux.
8 K. Alfsen, H. Birkelund et M. Aaserud, Secondary Benefits of the EC Carbon/Energy
Tax, Research Department Discussion Paper No. 104, Statistics
Norway, Oslo, 1993 et T. Barker, Secondary Benefits of Greenhouse Gas Abatement: The Effects of a UK Carbon/Energy Tax on Air
Pollution, Energy Environment Economy Modelling Discussion Paper No. 4, Department of Applied Economics, University of Cambridge, 1993.
Les projets de réduction des émissions
après l'an 2000
Des réductions dans les émissions des gaz à effet de serre
seront probablement imposées à la suite des négociations qui se
déroulent en vertu du mandat confié lors de la conférence de Berlin.
Le Canada devrait commencer à planifier ces réductions de manière
à pouvoir atteindre les objectifs futurs de la façon la plus
efficace possible par rapport aux coûts que cela suppose. Il est
probable que les réductions des émissions de gaz à effet de serre qui
seront effectuées après l'an 2000 se fonderont à la fois sur des
mesures supplémentaires d'amélioration de l'efficacité énergétique et
sur toute une série de nouvelles initiatives incluant probablement :
-
Une restructuration des systèmes de transport et de
la planification du territoire. Le Groupe d'étude des
transports et du climat qui a récemment été constitué sous
l'impulsion de la Table ronde de l'Ontario sur l'économie
et l'environnement ainsi que de la Table ronde nationale
sur l'environnement et l'économie a élaboré pour le secteur
des transports une stratégie soutenable qui réduirait à long
terme les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur.
- Des substitutions de combustible et le développement
des formes d'énergie renouvelable, surtout dans le
domaine de la production
d'électricité.
- L'utilisation d'instruments économiques pour gérer
les émissions de gaz à effet de
serre. Des instruments économiques bien conçus comme des redevances sur
les émissions ou un système de permis échangeables
permettent d'atteindre les objectifs environnementaux à un coût
inférieur9. Ces conceptions de la gestion de l'environnement
sont nouvelles au Canada. Il faudra du temps pour pouvoir
les mettre en oeuvre d'une façon qui leur permettra une
contribution substantielle aux futures réductions des émissions
de gaz à effet de serre.
- Des mesures supplémentaires d'efficacité énergétique
dans les secteurs industriel, commercial et
résidentiel.
- Des mesures de réduction des émissions non
énergétiques comme, par exemple, les émissions de méthane des
sites d'enfouissement, et de mise en valeur des puits à
gaz carbonique, notamment les forêts.
Nombre de ces initiatives ne peuvent être mises en oeuvre de
façon économique qu'au moment du remplacement des équipements
et il faudra donc commencer à agir tôt si l'on veut qu'elles aient
un effet quantifiable sur les émissions dans une dizaine d'années
ou davantage.
De plus, l'éventail de mesures que le Canada pourrait
prendre comprend :
- une augmentation du soutien accordé à la recherche et
au développement dans les domaines des
énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique de manière
à pouvoir disposer des technologies qui conviennent au
cours des décennies à venir et à pouvoir tirer avantage
d'un marché mondial qui est en pleine expansion pour ces
techniques;
- des recherches destinées à améliorer la prévision
au Canada des changements climatiques et de leurs répercussions, en partie afin d'aider le Canada à
préparer des mesures d'adaptation
efficaces;
- le perfectionnement continu de la capacité du Canada
à évaluer les avantages et les répercussions (directs aussi
bien qu'indirects) des stratégies de réduction des gaz à effet
de serre qui existent déjà ou qui viennent d'être formulées;
- la promotion de modifications dans les comportements
qui permettraient de réduire la consommation en général
et la consommation d'énergie en particulier.
9 Lorsque l'on évalue les effets économiques des droits d'émission, il est très important que ceux-ci soient neutres du point de vue des revenus et la manière
dont les revenus sont recyclés est cruciale. Le fait d'utiliser les revenus pour réduire les taxes qui entraînent des distorsions peut stimuler la croissance
économique tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et d'autres polluants.
Also available in English under the title
Recommendations Concerning Greenhouse Gas Reduction Strategies.
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