Répercussions pour le Canada des
rapports d'évaluation du Groupe intergouvernemental
d'experts sur l'évolution du climat Tour d'horizon
par le
Conseil du Programme climatologique canadien
et le Conseil du Programme canadien des changements à l'échelle du globe de
la Société royale du Canada
Introduction
Les activités humaines modifient-elles le climat?
Quels changements surviendront probablement si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas limitées?
Peut-on s'attendre à des répercussions substantielles?
Que peut-on faire et quel en serait le coût?
Les perspectives à long terme
Les évaluations du GIEC sont le fruit d'un
très large consensus international.
Le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) est un organe des
Nations Unies qui est chargé de préparer des évaluations consensuelles des aspects scientifiques,
techniques et économiques de l'évolution du climat. Dans une série de rapports dont le premier date
de 1990, le GIEC a récapitulé la progression de la connaissance de cette question telle que refléter
dans les documents techniques publiés. Les rapports du GIEC font intervenir des centaines de
spécialistes du monde entier en qualité d'auteurs principaux et sont soumis à l'examen de littéralement
plusieurs milliers d'experts ainsi que des gouvernements. Ils représentent donc un large consensus sur
une question complexe. Un certain nombre de spécialistes canadiens ont participé à leur préparation
en tant qu'auteurs principaux ou en animant le groupe de travail 3 (économie) du GIEC.
Un résumé à jour
à l'intention des personnes qui formulent
les politiques canadiennes.
Ce résumé des répercussions pour le Canada des Évaluations du GIEC est destiné à aider les
personnes qui formulent les politiques au Canada. Il a été préparé par le Conseil du Programme
climatologique canadien ainsi que par le Programme canadien des changements à l'échelle du globe de la
Société royale du Canada et il place l'accent sur les mises à jour du rapport spécial de 1994 ainsi que sur
la version préliminaire de 1995 du deuxième rapport d'évaluation du GIEC. Les extraits des rapports
du GIEC sont, sauf mention contraire, tirés des résumés à l'intention des personnes qui formulent
les politiques que contiennent les trois chapitres et le Rapport de synthèse ou encore des Résumés
techniques.
Commentaires du CPCC et du PCCEG
Les changements observés sont loin d'avoir été uniformes
au Canada : l'ouest et le nord-ouest ont subi
un réchauffement certain alors que la côte
du Labrador s'est refroidie.
Au Canada, la façon dont les changements observés se répartissent s'est traduite par un
réchauffement prononcé de l'hiver et du printemps dans les parties ouest et nord-ouest du pays, par une
relative stabilité des conditions dans l'extrême-est et par un refroidissement au large de la côte du
Labrador. L'évolution globale de la situation climatique aussi bien que la manière dont les changements
se répartissent sur le plan géographique sont dans les grandes lignes conformes aux prévisions des
effets des aérosols et des gaz à effet de serre que fournissent les modèles. À l'échelle nationale, il
s'est produit un réchauffement statistiquement significatif de 1°C entre 1895 et
1992 (Environnement Canada, Rapport sur l'état de l'environnement 95-1, «L'état du climat au Canada : la surveillance de la variabilité et du changement climatiques», mai 1995. ). Le refroidissement planétaire temporaire de quelques dixièmes d'un degré C qui est survenu en 1992 et 1993 à la suite de l'éruption du mont Pinatubo était prévu de façon raisonnablement exacte par les modèles (MCG) climatiques.
Les concentrations de gaz à effet de serre
continueront d'augmenter si le gouvernement
n'intervient pas.
- Tous les scénarios IS92 portant sur les émissions futures d'aérosols et de gaz à effet de
serre (même celui qui suppose que la croissance démographique sera très faible d'ici l'an
2100) annoncent que les concentrations en gaz à effet de serre iront en s'accroissant d'ici l'an
2100 par rapport aux niveaux qui prévalaient avant l'ère industrielle (p. ex., les
augmentations des concentrations en CO2 devraient être de 75 à 200 % et les concentrations en
méthane [CH4] de trois à six fois supérieures à celles que l'on connaissait avant l'ère industrielle).
- Le réalisme croissant des simulations des modèles de couplage climatique de l'océan et
de l'atmosphère a renforcé la confiance que nous avons dans les prévisions de l'évolution
future du climat qu'ils fournissent.
Les changements surviendront plus rapidement que jamais au cours
des 10 000 dernières années.
- À partir du scénario intermédiaire d'émissions du GIEC, le scénario IS92a, en prenant
la «meilleure estimation possible» du degré de sensibilité du climat et en incluant
également les effets (de refroidissement) de l'augmentation prévue des concentrations en aérosols,
les modèles annoncent que la température moyenne à la surface de la terre s'élèvera, par
rapport à l'époque actuelle, de 2 °C d'ici l'an
2100, la fourchette des estimations allant de
1°C à 3,5 °C. (
Remarque : Si, comme on s'efforce actuellement de le faire en Amérique du Nord et en Europe, on limite les émissions d'aérosols de
sulfate afin de réduire les précipitations acides, l'augmentation prévue de la température moyenne résultant uniquement de l'accroissement des
concentrations en gaz à effet de serre serait d'environ 2,4 °C d'ici l'an 2100, pour une fourchette de prévisions allant de 0,8 °C à 4,5 °C. ) Dans tous les cas, le taux moyen de réchauffement serait probablement
supérieur à ce que la terre a connu au cours des 10 000 dernières années. Les modèles prévoient
une élévation moyenne du niveau de la mer d'environ 50 cm d'ici l'an 2100, pour une
fourchette d'estimation allant de 15 à 95 cm (compte tenu de l'effet de refroidissement exercé par
les aérosols).
Un climat réchauffé par une augmentation des
concentrations en gaz à effet de serre pourrait
se caractériser par des pluies plus fortes et des
périodes sèches plus longues.
- De nombreux modèles donnent à penser que la probabilité de précipitations
intenses augmentera proportionnellement à l'accroissement des concentrations en gaz à effet de
serre. Différentes simulations annoncent
par ailleurs pour certaines régions un renforcement de
la probabilité de sécheresse et un allongement de la durée des périodes de sécheresse
(jours consécutifs sans précipitations).
Des problèmes scientifiques et des problèmes de
mesure urgents ne sont toujours pas résolus.
- De nombreux facteurs limitent actuellement notre capacité à modéliser l'évolution du
climat (et exigent des efforts scientifiques supplémentaires). Plus particulièrement, des
lacunes existent dans :
- les estimations des émissions futures de gaz à effet de serre, d'aérosols et de
précurseurs d'aérosols;
- la représentation des mécanismes climatiques dans les modèles (et plus
particulièrement des mécanismes de nébulosité);
- les observations météorologiques (amélioration des relevés systématiques).
Commentaires du CPCC et du PCCEG
Différentes régions du Canada connaîtront soit
un réchauffement substantiel (Nord-Ouest et Centre), soit
un refroidissement substantiel (étendues maritimes au
large du Labrador).
Les changements de température prévus seraient loin d'être uniformes. On peut s'attendre à
un réchauffement beaucoup plus prononcé que la moyenne planétaire dans l'Arctique
canadien ainsi que dans le nord-ouest et le centre du Canada alors qu'il est probable que le
refroidissement se poursuivrait au large des côtes du Labrador. L'analyse des résultats du modèle du
Centre climatologique canadien porte à croire qu'il n'y aurait pas d'augmentation du nombre de
cyclones tropicaux (ouragans) mais plutôt une augmentation du nombre de cyclones tropicaux
de forte intensité. Ce modèle annonce aussi des conditions plus sèches dans les Prairies. Le
Canada devrait renforcer ses efforts de mesure systématique des conditions climatiques
et océanographiques qui prévalent sur ses étendues terrestres et maritimes et contribuer aux
activités du Système mondial d'observation du climat.
Au Canada, les principaux effets pourraient se
faire sentir sur les forêts boréales, la santé,
les écosystèmes littoraux et les ressources en eau.
Les effets ressentis à l'étranger, et
plus particulièrement l'extension de l'aire d'influence des
maladies tropicales, l'élévation du niveau de la mer et
la diminution de la production alimentaire dans
les pays les plus pauvres, affecteraient indirectement le Canada.
Les transformations climatiques occasionnées par les activités humaines imposent un stress
important. L'évolution du climat aura une incidence substantielle sur l'environnement canadien et la
société canadienne à la fois directement et indirectement, en conséquence des effets ressentis ailleurs dans
le monde. Même si l'évolution du climat présentera certains avantages, les effets préjudiciables,
qui pourraient dans certains cas être irréversibles, seront nombreux.
Même s'il est difficile de procéder à des estimations quantitatives des effets qui s'exerceront sur
les systèmes écologique et socio-économique à
cause des incertitudes qui entourent l'évolution du
climat à l'échelle régionale, de notre connaissance limitée de nombre des mécanismes d'incidence
climatique et du fait que de multiples facteurs jouent un rôle, de nombreuses études ont identifié des
effets potentiels.
Les conséquences pourraient être
graves dans le domaine de la santé.
Commentaires du CPCC et du PCCEG
Des répercussions néfastes concentrées dans les
grandes villes du sud sur la santé des Canadiens.
Pour le Canada, les principaux effets sur la santé dus à la chaleur et à un smog plus fréquent
et plus épais seraient probablement concentrés dans les grands centres urbains du sud. Comme
le montre l'expérience récente, l'augmentation du nombre des incendies pourrait avoir de
graves conséquences pour les forêts et les communautés forestières.
La production agricole des Prairies pourrait augmenter si elle s'adapte
à l'évolution du climat et si les pluies sont suffisantes.
Il est possible que la production agricole des Prairies augmente si les températures et les
concentrations en CO2 s'élèvent, si l'on prend des mesures d'adaptation et si les pluies sont
suffisantes. Il faut toutefois remarquer que certains modèles prévoient des sécheresses plus fréquentes
et plus graves. Des études canadiennes et américaines concluent par ailleurs que le niveau
des Grands Lacs risque de baisser, ce qui aura des conséquences sur la navigation et la
production hydro-électrique.
De grandes étendues du pergélisol qui occupe actuellement plus de la moitié de la
superficie terrestre du Canada fondront, ce qui perturbera les paysages et affaiblira les
ouvrages d'infrastructure (édifices, gazoducs et oléoducs, routes). Cela aura également pour
conséquence de libérer le méthane et les hydrates de gaz que retient le pergélisol, ce qui ajouterait
dans l'atmosphère des quantités substantielles de gaz à effet de serre.
Les effets indirects pourraient aussi
être importants.
Le Canada serait indirectement affecté puisque le nombre de demandes
d'immigration augmenterait (réfugiés environnementaux) et que, dans les régions en développement, les
conflits se multiplieraient au sujet des rares ressources disponibles. Ces conséquences pourraient
être produites par l'élévation du niveau de la mer, la diminution de la production agricole dans
les zones tropicales et subtropicales, la raréfaction des ressources en eau dans les zones critiques
et une extension de la zone d'influence des maladies à transmission vectorielle.
On peut résumer comme suit (GT3) les conclusions auxquelles permettent d'aboutir les
analyses des textes économiques publiés au sujet de l'évolution du climat :
- Les estimations du préjudice total net causé par un réchauffement de 2 à 3 °C des
températures planétaires tendent à chiffrer celui-ci à quelques points de pourcentage du PIB mondial;
les estimations du préjudice, en termes de proportion du PIB, étant considérablement plus
élevées pour les pays en développement, et plus particulièrement les petits états insulaires. Il
faut toutefois remarquer que ces estimations sont difficiles à réaliser et qu'elles sont
donc incertaines et controversées.
Les estimations du préjudice net causé
par les transformations climatiques, préjudice
qui est beaucoup plus important dans les pays en
développement, incitent à aller
au-delà d'une politique «d'absence de regrets».
- Le risque que fait courir le préjudice total net causé par l'évolution du climat, l'aversion pour
le risque et le principe de précaution justifient de prendre des mesures d'atténuation des
émissions de gaz à effet de serre allant au-delà d'une politique «d'absence de regrets».
Il est possible de prendre des mesures d'amélioration
de l'efficacité énergétique qui donneraient
des résultats substantiels par rapport à leur coût.
- Il est possible de réaliser au cours des 20 à 30 prochaines années des gains en efficacité
énergétique qui pourraient être de l'ordre de 10 à 30 % de la consommation actuelle et qui soit
produiraient des avantages économiques nets, soit auraient un coût net nul (un exemple de mesure
«d'absence de regrets»).
- La fourchette d'estimations par les modèles macro-économiques des coûts pour les pays
de l'OCDE de la stabilisation des émissions aux niveaux de 1990 va de -0,5 % du PIB (un
gain économique) à +2 % du PIB. Les autres modèles qui privilégient les options
technologiques (modèles «ascendants») indiquent que les coûts d'une réduction de 20 % des émissions
au cours des 20 à 30 prochaines années dans les pays industrialisés seraient négligeables ou que
cette réduction produirait des avantages économiques.
Les «doubles dividendes» environnementaux
et économiques peuvent contribuer à
compenser les coûts des mesures d'atténuation.
- Il existe des compensations potentiellement importantes pour les coûts des mesures
d'atténuation, ces compensations étant connues sous l'appellation de «doubles dividendes
environnementaux» et «doubles dividendes économiques». Les doubles dividendes environnementaux sont
produits parce que les mesures prises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ont
également pour effet de réduire les émissions d'autres polluants, de substances toxiques, d'acides et
de précurseurs du smog. Ce mécanisme, couplé à d'autres avantages secondaires des
mesures d'atténuation, débouche sur des avantages économiques qui, ainsi que l'on démontré des
études effectuées en Europe et aux États-Unis, compensent au moins 30 % des coûts des
mesures d'atténuation. Si l'on parvient à réduire les émissions par l'intermédiaire d'une forme ou
d'une autre de taxes sur le carbone ou de taxes à la consommation d'énergie, on peut également
obtenir des «doubles dividendes économiques» en utilisant les recettes tirées de telles taxes
pour compenser d'autres taxes introduisant davantage de distorsions et aussi pour
accroître l'investissement. Dans les cas étudiés, cette combinaison de modifications du régime de
taxation permettait de réduire les coûts d'atténuation ou procurait même des avantages nets
pour l'économie du pays concerné. (D'après GT3, chapitres 8 et 9.)
Le reboisement peut entraîner des
réductions substantielle des concentrations en
CO2.
- Les études effectuées donnent à penser que de 15 à 30 % des émissions mondiales liées à
la consommation d'énergie (sur la base des données de 1990) pourraient être compensées
durant une période de 50 à 100 ans par un effort supplémentaire de reboisement puisque les
forêts fixent le carbone.
Le fait de mettre les mesures en oeuvre conjointement
avec d'autres pays peut aider à en réduire les coûts.
- Un programme de «mise en oeuvre conjointe des mesures» par différents pays réduirait les
coûts d'ensemble des mesures d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre.
- Il est probable que la valeur (économique) d'une meilleure information, notamment au sujet
des prévisions relatives à l'évolution du climat, des conséquences de cette évolution et des
mesures à prendre pour la contrer sera grande.
Les activités de recherche et
développement présentent potentiellement
une grande valeur économique.
- L'analyse des questions économiques et sociales liées à l'évolution du climat, surtout dans
les pays en développement où l'on n'a guère effectué d'études de ce genre, constitue également
une des grandes priorités de la recherche. Les activités de recherche et développement
concernant les techniques d'efficacité énergétique et les sources d'énergie non fossiles offrent elles aussi
un grand intérêt potentiel.
Il est plus avantageux de constituer un portefeuille
de mesures que de ne compter que sur une seule
mesure d'atténuation ou une poignée de mesures d'atténuation.
- Si l'on veut faire preuve de prudence dans ce que l'on fait pour contrer l'évolution
du climat, il est possible de constituer un portefeuille de mesures d'atténuation, d'adaptation
et d'amélioration de nos connaissances, le portefeuille approprié étant bien sûr différent
d'un pays à un autre. Le défi ne consiste pas à trouver quelle est aujourd'hui la meilleure
politique pour les cent prochaines années mais plutôt à sélectionner une stratégie prudente et à
l'ajuster au fil du temps à la lumière des nouvelles informations acquises.
Toute une gamme d'instruments d'intervention gouvernementale
est disponible.
- Chacun des pays qui cherchent à mettre en oeuvre des politiques d'atténuation peut
choisir parmi une vaste gamme d'instruments et de politiques d'intervention comme les taxes
sur le carbone, les permis d'émission échangeables, les systèmes de remboursement de
dépôts, les normes technologiques, les normes de rendement, les interdictions de certains
produits, les investissements gouvernementaux directs et les accords de limitation volontaire.
Les campagnes de sensibilisation du public à la nécessité d'utiliser les ressources de façon
durable pourraient aussi jouer un rôle important en modifiant les habitudes de
consommation et d'autres comportements humains.
Commentaires du CPCC et du PCCEG
Les études réalisées au Canada à propos de la manière dont il est possible d'améliorer de
façon rentable l'efficacité énergétique se situent dans la fourchette des chiffres cités
précédemment (Voir le sommaire du rapport sur «Les options canadiennes pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre», La Société royale du Canada, 1993. ). L'examen de la gamme des mesures possibles auxquelles s'est livré le Groupe de travail sur
les prévisions révèle, tout comme le font des études effectuées dans plusieurs autres pays (voir
ci-dessus), qu'elles pourraient être mises en pratique à un coût nul ou même légèrement
négatif pour le pays. Le Canada a déjà adopté, comme cela a été proposé, une approche fondée sur un portefeuille de mesures.
- On prévoit que, en l'absence de mesures d'atténuation, les émissions de gaz à effet de
serre seront au total, durant le siècle prochain, de trois à dix fois supérieures à ce qu'elles ont
été au cours des 130 dernières années.
Même si l'on peut s'attendre à ce que les émissions de
gaz à effet de serre soient bien plus importantes à
l'avenir, la stabilisation de ces
émissions de gaz à effet de serre aux niveaux de
1990 constitue un premier pas dans la bonne direction.
- Les engagements de stabilisation des
émissions aux niveaux de 1990 que les pays
signataires de l'Annexe 1 de la Convention-cadre sur les changements climatiques ont pris
permettraient, s'ils sont maintenus au-delà de l'an 2000, de réduire les émissions de 8 à 12 % par
rapport aux prévisions intermédiaires d'émissions. (Rapport spécial 1994)
- L'objectif ultime de cette Convention-cadre des Nations Unies, tel qu'il est exprimé
dans l'article 2 et qu'il a été accepté par les Parties à la
Convention, est de : «... stabiliser conformément aux dispositions pertinentes de la Convention, les
concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation
anthropique dangereuse du système climatique.»
L'objectif ultime de la Convention-cadre est
de stabiliser les concentrations, ce qui nécessite de procéder
à des réductions majeures des émissions au cours du
siècle prochain.
- Pour pouvoir stabiliser les concentrations à des niveaux compris entre des
concentrations 25 % supérieures (450 ppmv) à ce qu'elles sont actuellement et un maximum de 2½ fois
les émissions préindustrielles (750 ppmv), il faudra aller bien au-delà d'une simple
stabilisation des émissions. En fait, la stabilisation des concentrations d'équivalent
CO2 à 750 ppmv nécessiterait de ramener au cours des décennies à venir les émissions de
CO2 à deux tiers de leur valeur actuelle alors que, pour pouvoir atteindre un niveau de concentration en
équivalent CO2 de 450 ppmv, il faudrait ramener les émissions actuelles mondiales à un tiers de
leur valeur actuelle. (Version préliminaire du Rapport de synthèse)
- La mesure dans laquelle n'importe laquelle des conséquences prévues
(Partie 4) pourrait être considérée comme «dangereuse» dépend du pays et de la région concernés et
suppose de passer un difficile jugement politique. (Commentaires du CPCC et du PCCEG)
Il faudra prendre des mesures d'adaptation en plus des
mesures d'atténuation.
- Comme la plupart des gaz à effet de serre subsistent longtemps dans l'atmosphère, on s'attend
à ce que le climat terrestre se réchauffe davantage et à ce que le niveau de la mer continue
de monter même si l'on prend immédiatement des mesures de stabilisation des émissions ou
même des concentrations. Par conséquent, en plus d'adopter des mesures d'atténuation, les pays
devraient s'efforcer de renforcer leurs capacités à
s'adapter à un certain degré d'évolution climatique.
- Il est possible de réduire les émissions en passant du charbon au pétrole et au gaz naturel,
ce dernier fournissant deux fois plus d'énergie que le charbon par unité de carbone contenue dans
le combustible. Or, il existe de vastes ressources en gaz naturel dans de nombreuses régions.
(Version préliminaire du Rapport de synthèse)
Des options technologiques de réduction des
émissions apparaîtront au cours des
prochaines décennies.
- Les sources d'énergie renouvelables sont suffisamment abondantes pour qu'elles
puissent techniquement répondre à l'intégralité des besoins énergétiques de la planète aux niveaux
prévus pour le siècle prochain. Le progrès technique offre par ailleurs de nouvelles
perspectives d'utilisation de ces sources et de réduction de leurs coûts. (Version préliminaire du Rapport
de synthèse)
- Le captage et le stockage du CO2 émis par les gaz de combustion des centrales
thermiques constituent une option réaliste de réductions des émissions de gaz à effet de serre mais
cette mesure augmentera de façon substantielle le coût de production de l'électricité. Il serait
par ailleurs possible de stoker le CO2 à un coût relativement faible dans les champs de pétrole et
de gaz naturel épuisés. (Version préliminaire du Rapport de synthèse)
Il n'est pas trop tôt pour commencer à planifier
les changements fondamentaux à apporter au moment où
les équipements sont remplacés.
- Il faut donner des signaux à long terme appropriés si l'on veut permettre aux producteurs et
aux consommateurs de s'adapter de façon efficace par rapport aux coûts aux restrictions
imposées sur les émissions de gaz à effet de serre tout en stimulant la recherche et le développement.
Le fait de ne pas adopter dès que possible des politiques encourageant un remplacement
efficace des équipements parvenus au terme de leur durée utile économique (c.-à-d. au moment où
ils doivent être remplacés) impose un coût économique à la société. Il est probablement
moins coûteux de mettre en oeuvre des normes de réduction des émissions se situant à des
niveaux qu'il est possible de respecter dans le cadre du remplacement normal des équipements que
de contraindre les gens à les remplacer prématurément dès maintenant.
Commentaires du CPCC et du PCCEG
Certaines perspectives spéciales de
substitution de sources d'énergie s'offrent au Canada.
Les vastes réserves de gaz naturel dont dispose le Canada et le degré de perfectionnement que
certaines techniques d'utilisation des formes d'énergie renouvelable ont atteint offrent à ce pays des
perspectives spéciales.
Les particuliers doivent être encouragés
à contribuer à la résolution du problème.
La réalisation de l'objectif à long terme de la Convention sur les changements climatiques
exigera des modifications majeures des habitudes de consommation et d'approvisionnement en énergie et
en matériaux. Les changements nécessaires imposeront aussi des modifications majeures des
attitudes et des comportements de Canadiens comme du reste de la population mondiale. Il est urgent
d'inculquer aux gens un sentiment beaucoup plus intense de responsabilité à l'égard de notre petite planète et
de leur montrer comment chacun peut faire sa part et il faudrait donc renforcer les programmes
de sensibilisation.
Les pays de toutes les parties du monde
doivent être amenés à
participer aux efforts d'atténuation.
À long terme, il sera nécessaire d'agir de façon concertée à l'échelle planétaire puisque, même si
les régions industrialisées sont maintenant à l'origine des deux tiers des émissions industrielles de
CO2 , les pays actuellement en développement porteront au cours des 25 prochaines années leur part à
un peu plus de la moitié du total planétaire dans le cadre des scénarios de «statu quo». Cette
constatation fait clairement ressortir la nécessité d'entamer, sous l'égide de la Convention-cadre sur les
changements climatiques, des négociations diplomatiques vigoureuses venant compléter les mesures prises à
l'échelle nationale.
Also available in english under the titleImplications for Canada of Intergovernmental Panel on CLimate Change Assessment Reports - An Overview
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