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Imaginez qu'arrivant en avion à Toronto, vous trouviez la ville enfouie sous plusieurs kilomètres de glace. Voilà 20 000 ans, c'est ainsi que vous l'auriez découverte si votre avion avait survolé l'aéroport Pearson. En fait, des températures minimales extrêmes entraînant des glaciations majeures à l'échelle de la planète sont survenues approximativement tous les 100 000 ans au cours des 800 000 dernières années . Chacune de ces périodes de glaciation a été suivie par un réchauffement important de 4 à 6 °C, ce qui suffisait à la création d'une période interglaciaire semblable à celle que nous connaissons maintenant (voir la figure 1).
![]() [Figure 1] : Fluctuations de la température planétaire moyenne dans le dernier million d'années. Haut : depuis un million d'années Milieu: depuis 10 000 ans. Bas: depuis 1 000 ans. Source : Adapté de Hengevelds, 1991.. En arpentant la calotte glaciaire, vous commenceriez peut-être à vous rendre compte que cette planète que vous pensiez immuable évolue en fait perpétuellement. Mais ce genre de changement ne ressemble pas à ceux auxquels nous sommes habitués parce que nous fonctionnons dans la brièveté de l'échelle temporelle humaine alors que la planète vit en fonction de l'échelle, beaucoup plus longue, des temps géologiques. Dans notre société du XXe siècle où dominent la créativité et le progrès technologiques, certains changements semblent survenir presque du jour au lendemain. Si, ayant quitté Calgary en 1970, vous y étiez revenu en visite en 1979, au plus fort du boom du pétrole, vous auriez probablement eu besoin d'un guide pour retrouver votre chemin. Mais, dans le même laps de temps, le cadre naturel planétaire n'a que très peu évolué; si peu en fait que nos sens ne distinguent pas ces changements. Le contraste entre le rythme de changement que l'être humain introduit et celui des changements planétaires naturels est si prononcé qu'il semble que la Terre soit statique et immuable alors qu'en fait, elle ne l'est pas. Lorsque l'on compare les conditions environnementales rigoureuses qui règnent sur les autres planètes avec les conditions particulières qui sont nécessaires au maintien de la vie sur Terre, on commence à comprendre à quel point les écosystèmes de la planète sont réellement spéciaux. Par exemple, la quantité d'énergie solaire que reçoit la planète ne suffit, en théorie, qu'à produire une température moyenne en surface de 18 °C sous zéro, ce qui ne permet pas à la vie telle que nous la connaissons de se développer (souvenez-vous qu'il n'y a qu'une différence de 4 à 6 °C entre les conditions actuelles et celles qui prévalaient pendant la dernière glaciation!). Nous savons pourtant, grâce aux relevés qui ont été effectués, que la température moyenne de la planète se situe plutôt aux alentours de 15 °C, une différence de 33 °C! Cette chaleur supplémentaire provient des gaz à effet de serre qui sont présents dans l'atmosphère (voir la figure 2, qui porte sur la température et la composition des gaz à effet de serre).
![]() [Figure 2]: Comparaison de l'évoluation de températures locales en Antarctique et des concentrations de deux gaz à effet de serre --le méthane et le gaz carbonique-- dans l'atmosphère. Source : Adapté de Hengeveld, 1991.] Notre planète s'est formée voilà environ 4,5 milliards d'années. L'être humain est présent sur cette Terre depuis moins de deux millions d'années mais ce n'est que dans les 200 dernières années qu'il a exercé une influence notable et à grande échelle sur le milieu naturel planétaire. L'environnement a commencé à se dégrader au sein des peuplements humains et autour des premières usines de la révolution industrielle mais, loin de ces endroits, la capacité de purification et d'autorégénération de l'écosystème suffisait à limiter la plupart des effets de la présence humaine. Toutefois, depuis la Seconde Guerre mondiale, cette situation a radicalement changé. La croissance démographique exponentielle, les progrès technologiques fulgurants et l'accroissement notable de la consommation en énergie comme en matières premières font jouer au genre humain un rôle où ses activités quotidiennes modifient dans leur intégralité des systèmes globaux comme l'atmosphère et les océans, et ce à une vitesse que cette planète n'a jamais connue auparavant. C'est le rythme sans précédent de ce changement qui est dans une large mesure à l'origine de ce que nous appelons les changements à l'échelle du globe. L'écosystème planétaire est composé d'un nombre presque infini de sous-systèmes interdépendants dont leurs tailles peuvent couvrir la Terre entière ou une très petite superficie. Ces systèmes sont en état d'équilibre dynamique, qui se modifie lentement mais constamment, à un rythme compatible avec l'échelle des temps géologiques. La recherche sur les changements à l'échelle du globe examine ce qui peut arriver si l'on impose des changements rapides à cet ensemble de systèmes en équilibre ou à évolution très lente; elle aborde la manière dont des systèmes planétaires comme le climat, l'atmosphère et les océans réagiront à de tels changements; elle examine aussi comment de grands systèmes régionaux comme les forêts ombrophiles tropicales, les régions littorales, les lacs et les déserts seront affectés à la fois par la modification accélérée des systèmes planétaires et par les répercussions directes des changements provoqués par l'humanité. Enfin, la recherche sur les changements planétaires se préoccupe de la manière dont les sociétés et les économies seront également touchées par ces changements. Pour dissiper toute confusion possible, il faut préciser que les changements à l'échelle du globe diffèrent des changements climatiques planétaires dans la mesure où ils ont une plus vaste portée. En fait, les changements climatiques de la planète sont présentés comme une partie intégrante de la problématique touchant les changements à l'échelle du globe. Ce document commence par évaluer l'importance des changements planétaires pour les Canadiens. Il s'efforce ensuite d'expliquer les concepts généraux qui sous-tendent chacun des grands problèmes globaux affectant notre planète et indique quelles sont actuellement les meilleures estimations des conséquences éventuelles de tels problèmes. Les changements à l'échelle du globe comprennent le réchauffement de la planète, l'affaiblissement de la couche d'ozone, la déforestation et le transport à grande distance de polluants atmosphériques. Ce document analyse par la suite la manière dont les changements qui se produisent à l'échelle du globe peuvent affecter la société et comment celle-ci devrait s'efforcer de réagir. Enfin, ce document propose aux Canadiens des mesures que les individus, les entreprises et les gouvernements peuvent prendre pour faire face aux changements qui surviennent à l'échelle du globe.
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